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Les CIVEs, des cultures à forts potentiels économiques ?

Suite à l’industrialisation et à l’utilisation de ressources fossiles, de nombreux pays se sont tournés vers les énergies renouvelables. Les plus utilisées au 31 décembre 2017 pour produire de l’électricité, d’après RTE, le Réseau de l’Intelligence Electrique, sont l’énergie hydraulique, l’énergie éolienne et l’énergie solaire. Les bioénergies arrivent en 4e position mais sont toutefois multifonctionnelles et interviennent notamment dans les systèmes de chauffage ou dans la production de carburant. Elles représentent ainsi une portion non négligeable des énergies renouvelables.

Les CIVEs : des intercultures aux multiples bénéfices

Des bénéfices à la fois agronomiques et énergétiques, voilà ce que semblent apporter les CIVEs aux agriculteurs. Ces Cultures Intermédiaires à Vocation Énergétique (appartenant au groupe des Cultures Intermédiaires Multi-Services qui se sont popularisées ces dernières années), sont semées et récoltées entre deux cultures principales. Elles offrent de nombreux avantages agronomiques en préservant les sols de l’érosion, en limitant le lessivage des intrants, ou encore en réduisant la prolifération d’adventices ou de maladies, lorsque l’association avec la culture suivante est favorable. Elles jouent également le rôle de puits de carbone. Une fois récoltées, elles sont exploitées comme substrat dans les méthaniseurs grâce à leur fort potentiel méthanogène.

Les potentiels énergétiques et économiques

Les méthaniseurs, aussi appelés digesteurs ou réacteurs à biogaz et dont l’un des principaux se situe à Thiverval-Grignon au sein de la ferme expérimentale d’AgroParisTech, permettent la production de biogaz et d’un digestat pouvant servir de fertilisant à partir d’un processus de fermentation anaérobie de matière organique. Le biogaz permet lui de produire de la chaleur et de l’électricité mais peut également être purifié en biométhane et servir entre autres comme carburant pour les transports, assurant ainsi des revenus supplémentaires à son propriétaire. Le potentiel méthanogène serait de 100 à 200 m3 de biogaz par tonne de matière brute selon les cultures tandis que le biométhane issu des CIVEs représenterait environ 50 TWh/an.

Les CIVEs constituent cependant une charge de travail supplémentaire pour l’agriculteur afin d’obtenir un rendement suffisant. Faire reconnaître les CIVEs comme SIE (Surface d’Intérêt Écologique) permettrait aux agriculteurs d’augmenter leurs chances de rentabilité ainsi que de remplir leurs obligations de verdissement pour obtenir les aides de la PAC. Elles sont accordées aux entreprises agricoles exploitant 5% de leurs terres arables à des fins écologiquement durables.

Ainsi, si les études concernant l’intérêt des CIVEs se multiplient, celles-ci ne présentent un avantage à l’heure actuelle que pour les agriculteurs disposant d’ores et déjà de méthaniseurs, car les rendements restent variables pour ces intercultures et leur entretien nécessite un coût et un travail pas encore couvert par la vente de la biomasse produite.

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