#environnement #ModeDurable

La mode durable

  • Auteur : Auriane Meiller
  • Temps de lecture estimé : 4 minutes

Cet été, AgroParisTech Service Etudes a proposé un concours de rédaction de Veille de Marché sur le thème de la « Mode durable » à l’ensemble de la promotion de première année d’AgroParisTech. Cette veille de marché est celle rédigée par la gagnante,  Auriane Meiller. Bravo à elle ! 


L’essor du prêt-à-porter dans les années 1950 a été rendu possible par la généralisation de la machine à coudre et par l’arrivée de l’électricité [1]. Le prêt-à-porter repose sur une fabrication en masse de vêtements, avec des tailles standardisées et un prix très faible. La mode est ainsi devenue une façon de se démarquer des autres et un moyen de communication plutôt qu’un réel besoin.
Avec des garde robes de plus en plus volumineuses, l’empreinte carbone de l’habillement représente ainsi aujourd’hui 0,8 t CO2e/ an, soit 6,7% de l’empreinte carbone d’un français [2] (2016).
Il est nécessaire d’aborder les causes de cet impact de l’industrie textile, pour à la fois modifier nos façons de consommer, mais aussi pour concevoir des productions de textile plus écoresponsables.

Comprendre l’impact environnemental du textile

Pour fabriquer des vêtements, il faut des matières premières (lin, coton, laine, chanvre, etc), dont l’impact environnemental est non négligeable. Par exemple, pour produire 1 kg de coton – fibre la plus utilisée – il faut entre 5 000 et 17 000 litres d’eau selon l’ADEME. De plus, pour transformer les fibres en fil puis le fil en tissu, il faut des usines, qui sont principalement alimentées au charbon en Chine, Inde, Bangladesh. Après la confection du tissu, vient l’étape d’ennoblissement qui vise à donner une valeur ajoutée aux produits. Celle-ci nécessite de la vapeur d’eau et est donc gourmande en énergie. Ensuite vient le transport aérien, pour la mise en forme ou distribution puis transport routier pour l’approvisionnement des magasins. Enfin, il ne faut pas oublier l’impact du lavage de nos vêtements, qui consomme de l’électricité, du détergent et le repassage, puis l’incinération ou le recyclage du vêtement en question. [3]

L’impact environnemental de l’industrie textile s’explique donc par des émissions de gaz à effet de serre notables liées à la combustion fossile, par une forte consommation en eau et par des rejets lors du lavage. Pour un T-shirt classique mondialisé on estime à 10 kg son empreinte carbone, soit 0,5% de notre budget carbone (2t CO2e). [4]

A cela s’ajoutent les problèmes éthiques liés à l’achat de vêtements. Le documentaire The True Cost (2015) de Andrew Morgan dévoile les dessous de nos vêtements : une forme d’esclavage moderne dans les usines de tissu au Bangladesh, en Inde, au Cambodge et en Chine, qui permet de vendre à bas prix des vêtements dans les pays développés.

Quelles sont alors les solutions pour minimiser cet impact environnemental ? A quoi ressemblerait une mode dite “durable” ?

De nouvelles manières de consommer ….

Pour permettre aux acheteurs compulsifs de vêtements de renouveler leur garde-robe tout en limitant leur impact sur l’environnement, de plus en plus d’entreprises proposent de louer des vêtements plutôt que d’en acheter. C’est le cas de Le Closet, un service de location de vêtements. Le client sélectionne des habits, et les renvoie quand il n’en veut plus, en échange d’une nouvelle sélection.

Une autre solution est d’acheter des habits de seconde main en friperie ou dans des magasins de type Emmaüs. Enfin, des couturiers écoresponsables innovent en récupérant des déchets de l’industrie textile, comme Les Hirondelles , ou encore en confectionnant des vêtements recyclés. Hopaal par exemple est une entreprise qui confectionne des vêtements à partir de bouteilles plastiques, de filets de pêche ou de vieux vêtements.

Une autre alternative est l’upcycling. Cette méthode très en vogue consiste à donner une seconde vie à des vêtements, en transformant par exemple de vieux jeans en housses à coussins ou en sacs à main. [5]

… et de produire

Il y a vingt ans, les filatures ont disparu de France, contraignant le pays à exporter ses fibres vers d’autres pays comme la Chine. Cependant, depuis quelques années, des entreprises conscientes du potentiel de de la filière textile, cherche à relocaliser la production de certaines fibres. C’est le cas du lin. La France est le premier producteur mondial de lin mais en exporte 80% en Chine pour qu’il soit filé. Des entreprises installent donc des machines à filer le lin (Velcorex notamment) pour permettre de maximiser les étapes de fabrication en France. En plus de limiter l’impact environnemental des vêtements produits, cela permet de créer de l’emploi et de valoriser des savoir-faire perdus. Des logos permettent de valoriser de telles démarches, comme le label origine France garantie. [6]

Ainsi, c’est par des comportements responsables des consommateurs et des entreprises que la filière textile pourra être davantage “durable”. Cela doit s’accompagner d’une aide de l’Etat pour aider à relocaliser la filière textile en France.

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