22/01/21

La génétique, une clé pour lutter contre l’obésité

  • Temps de lecture estimé : 5 min
  • Auteurs : Clémence CARO & Julie PERRIN & Elisa PIOT

En 2017 en France, le taux d’obésité atteint 15,3% [1] de la population adulte. L’obésité représente ainsi un véritable enjeu de santé publique. Dans les pays occidentaux, on parle même d’épidémie d’obésité. De nombreuses pistes de traitements sont aujourd’hui explorées pour soigner les personnes atteintes de cette pathologie. En 2010, il a été prouvé que de nombreux gènes sont responsables de l ‘obésité. 30 à 80% des variations de poids chez les adultes atteints d’obésité sont déterminées génétiquement [2]. Les chercheurs s’intéressent depuis au développement de traitements génétiques. En novembre, la découverte de la fonction d’un nouveau gènes apporte de nouveaux espoirs thérapeutiques. Des scientifiques américains ont mis à jour le rôle de Prkar2a dans le contrôle de l’envie de manger gras et sucré, et dans le contrôle de la motivation sportive. Comment ce nouvel arrivant dans la carte génétique [3] de l’obésité change-t-il les perspectives de traitement de l’obésité ?

Prkar2a, un gène exprimé dans le cerveau qui influence le système de récompense: comment fonctionne-t-il ?

Le gène Prkar2a code la protéine du même nom, Protein Kinase cAMP-Dependent Type II Regulatory Subunit Alpha. Il s’exprime dans une région arrière du cerveau (l’habenula), impliquée notamment dans la dépression, l’addiction, les systèmes de récompense et la motivation

Comment le gène Prkar2a fonctionne-t-il à l’échelle moléculaire ? L’AMPc est une molécule-signal indispensable pour la diversité des fonctionnements cellulaires. Elle agit en activant la Protéine Kinase A, une enzyme centrale dans les voies de signalement cellulaire, qui transduit le signal par phosphorylations successives. Cette Protéine Kinase A est composée de deux sous-unités de régulation et de deux sous-unités catalytiques. La protéine Prkar2a est une des sous-unités de régulation possibles, pouvant être phosphorylée par l’activation d’une sous-unité catalytique. Elle peut alors interagir avec d’autres protéines, déterminant ainsi la localisation cellulaire de la Protéine Kinase A. Ainsi, le gène Prkar2a régule le transport et la localisation des protéines. [4]

Elaborer un traitement contre l’obésité à partir de Prkar2a 

Des expériences de knock-out, technique de génétique moléculaire permettant d’invalider un gène cible,  ont été réalisées sur le gène Prkar2a des souris. L’information génétique contenue dans le gène n’est alors plus traduite et la protéine Prkar2a fonctionnelle n’est plus synthétisée. Une diminution de l’expression de Prkar2a conduit alors à un dysfonctionnement de signalisation de la Protéine Kinase A. La localisation dendritique des sous-unités catalytiques de la Protéine Kinase A dans les neurones de l’habenula étant altérée, cela se répercute sur les messages neuronaux envoyés. La perturbation de la signalisation de la Protéine Kinase A altère la phosphorylation d’une protéine (la DARPP-32), phosphorylation activant indirectement, à l’état sauvage, la sensation de récompense perçue sous une alimentation grasse. 

Une récente étude de chercheurs du National Institute of Health [4] a ainsi montré que l’inactivation de ce gène pouvait entraîner une diminution de l’expression du système de récompense lié à la nourriture et, parallèlement, une augmentation de la motivation à faire de l’exercice. Cette combinaison d’influences donne de l’espoir dans la recherche d’un traitement contre l’obésité induite par l’alimentation. En effet, même si aucune expérience n’a encore été menée sur l’Homme, il présente également le gène Prkar2a dont le rôle est semblable à celui chez la souris, c’est pourquoi les résultats obtenus chez la souris offrent des perspectives prometteuses.

L’obésité est une maladie complexe, agir sur un seul gène peut-il suffire ?

Depuis une dizaine d’années, de nombreuses équipes de chercheurs se sont penchées sur la composante génétique de l’obésité. L’implication de centaines de gènes  a été révélée. La plupart des formes d’obésité sont dites polygéniques. Dès lors, quel gène cibler pour réaliser un traitement ? Prkar2a ou un autre ? Cette question ne fait pas consensus. Il existe deux théories : agir sur les gènes s’exprimant dans le cerveau comme Prkar2a, ou agir sur les gènes s’exprimant dans les tissus adipeux (tissus constitués de cellules stockant les lipides, les adipocytes, communément appelés graisses). 

En effet, certains gènes impliqués dans le métabolisme des lipides, s’ils sont désactivés, permettent un destockage massif de la matière grasse sans changement de régimes alimentaires, et sans augmentation de l’activité physique. Par exemple, d’après une étude récente (août 2020 [5]), réguler l’activité du récepteur membranaire PPARγ dans les adipocytes constituerait un potentiel traitement. Lors d’une activité physique, les myocytes (cellules musculaires) communiquent avec les adipocytes via la sécrétion de myokine. Cela active le métabolisme des lipides. Une modification de PPARy amplifie le signal, ce qui entraîne un métabolisme accru.

Conclusion

L’obésité est une maladie complexe dont le traitement miracle est encore loin d’être abouti malgré les nouveaux travaux prometteurs en génétique. Il est également peu probable que la thérapie génique soit utilisée comme seule stratégie. L’environnement (dimension socio-culturelle), et le comportement constituent également des facteurs conduisant l’excès pondéral. Bien que la découverte de gènes comme Prkar2a soit prometteuse, travailler sur des composantes structurelles comme l’environnement alimentaire est aussi essentiel pour stopper la propagation épidémique de l’obésité.


Bibliographie

13/01/21

Devenirs de quelques Alumnis et jeunes entreprises prometteuses

  • Temps de lecture estimé: 5min
  • Auteur: Clara Bolac

A l’occasion de la création d’un calendrier de l’Avent publié sur notre compte Instagram, nous avons pu interviewer d’anciens étudiants d’AgroParisTech. Ils travaillent désormais au sein de jeunes entreprises françaises très prometteuses. Voici donc un court article pour vous présenter ces différentes entreprises et le rôle qu’occupent ces Alumnis en leur sein.

Microphyt, une startup spécialisée dans l’utilisation de microalgues dans les domaines de la nutrition et de la cosmétique

La première entreprise avec laquelle nous avons eu l’occasion de travailler est Microphyt.
C’est une start-up française créée en 2007 et basée dans l’Hérault. Fort de son savoir-faire et de son expertise en biotechnologie, Microphyt puise au sein de la diversité des microalgues pour en révéler des propriétés uniques en leur genre à destination des industries des secteurs de la cosmétique et nutraceutique.

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Microphyt a développé une technologie hydro-biomimétique exclusive, actuellement opérationnelle à large échelle sur sa plateforme de production.
Le système métabolique spécifique de ces microalgues est mis au service de la cosmétique, notamment pour protéger la peau des UV et de la pollution. Microphyt travaille sur l’identification, le développement et la production industrielle autour des microalgues.

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Elle travaille aussi dans le domaine de la nutrition où la start-up a réussi à développer en 4 ans des produits à base de microalgues, qui sont élevées dans des conditions écologiques (sans OGM, pesticides ni produits polluants).
Par ailleurs, le nombre de personnes âgées de plus de 60 ans augmente fortement et atteindra 20% de la population mondiale d’ici 2050. Microphyt a donc décidé de développer des produits qui ont pour but d’aider à la préservation des fonctions cognitives et de prévenir des maladies liées à l’âge, comme la perte de mémoire. Cette jeune entreprise a été désignée par le Figaro comme l’une des 120 start-up françaises les plus prometteuses [1]. Son PDG est Vincent Usache, ancien étudiant d’AgroParisTech. Nous lui avons posé quelques questions sur son parcours.

Il a tout d’abord réalisé un Master en Biologie Marine & Océanographie (Université Pierre & Marie Curie – Paris VI), dont son stage portait déjà sur les microalgues. Vincent a ensuite intégré AgroParisTech où il s’est spécialisé dans les Sciences Animales. Intéressé par le domaine technique en sortie d’école c’est après une dizaine d’année d’expériences professionnelles dans le domaine des ingrédients naturels et de la biotech au sein de plusieurs groupes internationaux qu’il reprend le chemin de l’école.
Il intègre alors Audencia School à Nantes pour y valider un MBA spécialité entreprenariat dans les biotechnologies. En 2013 il rejoint l’équipe de Microphyt, puis travaille avec Arnaud Muller-Feuga, le fondateur de la société, afin de lever des fonds pour la start-up. Il prend ensuite la direction du projet. L’intérêt de l’Agro lorsque l’on veut devenir entrepreneur c’est que l’on a une vision globale des grands enjeux sociétaux sur lesquels on peut entreprendre ainsi que les bases pour le faire selon Vincent Usache. Petit bonus, le conseil de Vincent Usache pour les étudiants souhaitant travailler dans une start-up ou monter leur entreprise : « L’idée clé est surtout de vouloir être le moteur de « son » projet professionnel, de le faire répondre à ses objectifs personnels et d’avoir la main dessus. Il y a de multiples façons d’y parvenir mais toutes passent, je pense, par de la détermination, de la persistance et du travail. »

Loumaë, une jeune entreprise partie de la volonté de créer des céréales pour des consommateurs exigeants

La seconde entreprise avec laquelle nous avons pu travailler est Loumaë. Elle est née des mains de Laury Galarza, une ancienne étudiante d’AgroParisTech. Son but premier, se nourrir autrement.
A l’heure où les produits que nous achetons sont transformés par l’industrie agroalimentaire, Laury a décidé de fabriquer des céréales pour le petit-déjeuner. Et pas n’importe quelles céréales ! En effet, son but est de proposer un petit-déjeuner sain, local et bon. Ainsi 70% des ingrédients viennent de France et 60% de leurs céréales sont vendues en vrac, dans des commerces locaux. Les ingrédients utilisés sont peu nombreux et sont ceux que l’on retrouve dans nos cuisines.

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Laury s’est lancée tôt dans le monde de l’agriculture puisqu’elle a réalisé un bac en sciences et technologies de l’agronomie et du vivant à la suite duquel elle a suivi un BTS en production animale avant d’effectuer une prépa ATS. Elle intègre ensuite AgroParisTech en 2014 où elle se spécialise dans la Gestion et innovation dans les entreprises du vivant (GIPE). Au cours des stages qu’elle a pu faire, elle prend conscience que les produits sont ultra transformés et particulièrement les céréales pour enfants. De là a germé son idée.

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Laury lance Loumaë après son stage de fin d’étude et reçoit de l’aide après avoir été lauréate du Jury Entreprendre de la fondation AgroParisTech en 2019. Ses produits sont aujourd’hui distribués en vrac dans des magasins bio ou zéro déchet ainsi que par internet, depuis leur site. Un an après le lancement de son entreprise, Laury travaille désormais sur le développement de granolas afin d’étendre sa gamme de produits. L’entreprise compte désormais un employé à plein temps en plus de Laury et elle accueille plusieurs stagiaires sur l’année. Son petit conseil pour ceux qui veulent entreprendre : Bien s’entourer lors de la réalisation du projet et oser car il n’y a pas grand-chose à perdre, à part vivre une super expérience.

TreeFrog Therapeutics, une startup spécialisée dans la production de masse de cellules et dans la thérapie cellulaire

La dernière entreprise avec laquelle nous avons travaillé est TreeFrog Therapeutics. Cette startup est basée à Bordeaux et a été créée en 2018. Elle a également intégré la Frenchtech120, réunissant 120 startups françaises prometteuses [1]. TreeFrog est spécialisée dans le domaine de la santé et assure une production de masse de cellules grâce à une technologie d’encapsulation unique, qui permet d’amplifier et de différencier des cellules souches dans des bioréacteurs industriels. TreeFrog permet de rendre les thérapies cellulaires plus accessibles grâce à cette nouvelle technologie qui assure des cellules de qualité, à des coûts réduits et à développement clinique plus rapide.
 Au sein de ces bioréacteurs, les cellules souches sont encapsulées avec de l’alginate (polysaccharide contenu dans des algues brunes telles que le fucus). Ces capsules sont faites d’une matrice extracellulaire ressemblant à celles du vivant. Ces dernières sont poreuses, ce qui permet aux nutriments, aux gaz et aux facteurs de différenciation de les traverser. A la fin du processus, les cellules sont récupérées en dissolvant la capsule d’alginate.
Cette technologie de pointe appelée C-stem aboutit à la création de 1000 capsules par seconde.


Ces cellules une fois différenciées sont récupérées et peuvent être utilisées pour traiter des problèmes cardiaques, les diabètes ainsi que des maladies neurodégénératives telles que la maladie de Parkinson. Apportons quelques précisions sur l’exemple du diabète. Dans ce cas précis, la thérapie cellulaire permet d’obtenir à partir de cellules souches, des cellules productrices d’insuline qui sont ensuite transplantées dans le pancréas de patients diabétiques [2]. La thérapie cellulaire possède donc de nombreux domaines d’application et c’est ce qui fait de TreeFrog Therapeutics, une startup très prometteuse.

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Une Alumni y travaille à l’heure actuelle et nous a permis de l’interviewer sur son poste. Lucie Remichius a d’abord suivi une prépa BCPST avant d’entrer à AgroParisTech où elle a choisi la spécialité parcours Biologie Cellulaire et Moléculaire du domaine 4 [3]. Elle a réalisé sa troisième année d’école à Polytechnique Montréal afin de se spécialiser en Génie Biomédical. Elle est actuellement ingénieure R&D. Son travail chez TreeFrog consiste notamment à faire de la recherche en laboratoire. Elle réalise par ailleurs des veilles technologiques et du travail de bibliographie afin de trouver des pistes d’optimisation du processus.             

              Nous sommes très fiers d’avoir eu l’opportunité de travailler avec des entreprises si inspirantes et avec ces Alumnis au parcours impressionnant. Nous espérons par ailleurs mettre en avant les nombreuses possibilités qui s’offrent aux étudiants sortant d’AgroParisTech, de part leur formation mais également grâce au large réseau Alumni.  

21/12/20

Viticulture et changement climatique : inventaire et évolutions

  • Temps de lecture estimé : 5 minutes
  • Auteurs : Anne de Lignières & Clara Bolac

A l’heure où le changement climatique ne fait plus matière à débattre mais semble être imprimé dans l’esprit de tous, le monde doit commencer à s’adapter aux modifications qu’il connaît. Des animaux migrent, des espèces s’en trouvent menacées tandis que notre agriculture elle aussi va devoir évoluer. Le premier type de culture impacté en France est par ailleurs la viticulture, qui est très sensible au climat. Nombreux sont ceux qui ont pu remarquer d’ailleurs l’avancement des dates de vendanges.

Changement climatique : comment affecte-t-il la vigne ?

La viticulture est l’une des cultures les plus sensibles aux variations climatiques. En effet, son potentiel viticole et œnologique est grandement déterminé par le climat de la région. C’est d’ailleurs pour cela que de nombreux vins se protègent à l’aide des appellations AOC (Appellation d’Origine Contrôlée), AOP (Appellation d’Origine Protégée) qui elle s’étend au niveau européen ou encore l’IGP (Indication Géographique Protégée). Ces trois gages de qualités dépendent entre autres d’un critère géographique bien précis qui assure la présence d’un certain climat, responsable des qualités gustatives du vin. 

L’accélération soudaine du réchauffement climatique peut se voir au travers de nombreux chiffres. Par exemple, sur la période 1961-1990, le réchauffement était de +0,27°C par décennie contre +0,35°C sur la période 1990-2010. D’un autre côté, la pluviométrie annuelle diminue sur le long terme, ce qui se traduit par une diminution des intempéries. Combinée avec la hausse des températures, les plantes subissent une évapotranspiration plus importante (augmentation de 20 millimètres par décennie) les rendant plus sensibles à la sécheresse. Enfin, tous ces changements étant irréversibles, et les prédictions étant difficiles à établir, l’adaptation de la viticulture au climat s’en trouve d’autant plus compliquée.

C’est pour cela que le changement climatique inquiète tout particulièrement les viticulteurs. Dans les changements actuellement visibles, on note une modification des stades phénologiques de la vigne (c’est-à-dire les dates remarquables telles que les vendanges ou encore les durées de différents stades). La composition même du raisin s’en trouve également altérée. Que ce soit le degré d’alcool ou encore des profils sensoriels, les caractéristiques de certains cépages changent et cela est majoritairement dû au changement climatique d’après une étude de Cook et Wolkovich 2016 [1].

black round fruits on green grass field during daytime

Si on prend l’exemple plus précis de Montlouis-sur-Loire [2], l’accélération du réchauffement climatique se traduit par de nombreux changements. Cela augmente le nombre de jours durant lesquels la température est telle qu’elle provoque le grillage des grains. De plus, cela favorise une fermentation non désirée en automne. Et enfin ceci conduit à l’augmentation des jours à forte évapotranspiration menant à un stress hydrique de la vigne supérieur.

D’un autre côté, on observe une diminution des jours de gel, essentiels à la réalisation de la dormance entraînant la floraison. Ainsi qu’une perturbation des cycles de croissance de certains parasites de la vigne.

 La transition agroécologique de la vigne: des programmes pour initier cette transition

Actuellement, l’agroécologie se développe dans le secteur viticole pour tenter d’atténuer les effets du changement climatique sur la vigne.. “L’agroécologie est une façon de concevoir des systèmes de production qui s’appuient sur les fonctionnalités offertes par les écosystèmes.” (définition du ministère de l’agriculture et de l’alimentation,  [3]). Elle développe les potentialités des écosystèmes pour limiter les pressions sur l’environnement et préserver les ressources naturelles.

Différents programmes sont mis en place afin d’aider les viticulteurs dans cette transition. En Nouvelle-Aquitaine, le projet VitiREV a pour objectif principal de réduire l’utilisation de pesticides en viticulture [4].  Le lauréat du grand plan d’investissement “Territoires d’innovation” de l’Etat [5] va recevoir une importante participation financière de l’Etat de 73,6 millions d’euros qui va être débloquée sur 10 ans, permettant de garantir la pérennité de ce projet. Un des objectifs est d’accompagner et de soutenir les viticulteurs et les professionnels de la vigne dans leur transition vers de nouvelles pratiques. Le challenge de la protection des sols et celui du développement de la biodiversité sont au cœur du programme. Le projet a aussi pour but d’inciter un dialogue entre les différentes parties prenantes intervenant dans le secteur: viticulteurs, citoyens, associations, pouvoirs publics… Enfin, par ce programme, la région Nouvelle-Aquitaine espère devenir l’ambassadeur de l’agroécologie française. Au travers de la viticulture, la région aimerait inciter les autres domaines agricoles à entamer leur transition.

En Occitanie, le groupe opérationnel GASCOGN’INNOV s’est mis en place grâce à un partenariat européen pour l’innovation. Constitué d’une quinzaine de viticulteurs, de biologistes du sol, d’agronomes et de conseillers, ce groupe agit sur le terrain pour mettre en place des indicateurs innovants permettant de comprendre le fonctionnement biologique des sols et d’évaluer la biodiversité. Ce travail de recherche vise également à trouver des méthodes “pour intégrer les informations issues de ces indicateurs dans le pilotage des systèmes de culture.” D’ici deux ans, les résultats de ces travaux de recherches seront diffusés et peut-être transposés à l’ensemble du domaine viticole français voire européen. GASCOGN’INNOV se veut en effet acteur de la transition notamment dans le champ de la viticulture [6].

Finalement, l’Institut français de la vigne et du vin (IFV) a publié, en 2017, un Guide de l’agroécologie en viticulture pour informer les différents publics sur le [7]. La vigne française commence donc sa transition par l’information et la sensibilisation auprès des différents acteurs. A terme, cela devrait permettre une réduction de l’usage de pesticides et une meilleure intégration de la vigne dans son écosystème. 

La viticulture biologique, un moyen d’atténuer les effets du changement climatique

Avec la prise de conscience qu’a eu la société sur le changement climatique, l’agriculture biologique s’est intensément développée ces dernières années. Avec ces 9% des vignes cultivées en agriculture biologique, la France est le 3ème producteur mondial de vin bio [8]. La viticulture biologique se caractérise principalement par une diminution de l’utilisation de produits chimiques et une préservation du terroir, assurant la pérennité des vignobles. Ainsi, ce mode de viticulture permet d’atténuer les effets du changement climatique en développant de nouvelles pratiques, plus respectueuses de l’environnement [9].

Cependant, selon un article publié le 27 janvier dernier dans PNAS (Proceedings of the National Academy of Sciences), la France perdrait 24 à 56% de sa surface viticole avec un réchauffement de +2°C [9], surface dépendant de pratiques viticoles. 

Finalement, bien que les vignes se soient sans cesse adaptées aux variations climatiques à travers les siècles, le changement climatique d’aujourd’hui et des prochaines décennies risque de modifier profondément la viticulture française et mondiale. C’est pourquoi, des projets naissent dans l’optique de repenser cette filière et d’accompagner les viticulteurs dans leur transition vers un vignoble plus durable. Le développement de la viticulture biologique  en est un exemple. Chez AgroParisTech Service Etudes, nous pouvons vous aider à réaliser des études, pour vous accompagner dans cette transition de la vigne et plus largement dans le domaine de la viticulture ou encore de l’agroécologie. Nous sommes à votre disposition pour tout échange, et toute notre équipe est en mesure de vous aider à faire grandir vos projets. N’hésitez pas à nous contacter, nous serons ravis de discuter avec vous !

08/12/20

Elaboration d’un plan de transition écologique : un exemple d’étude confiée à ASE

  • Temps de lecture estimé : 4 minutes
  • Auteure : Eléa Fournier

Le 21ème siècle semble signer la fin de l’agriculture conventionnelle et le début d’une nouvelle révolution agricole, prenant en compte les futurs enjeux de l’agriculture : nourrir 10 milliards d’êtres humains en considérant l’impact environnemental de l’agriculture. Cette 3ème révolution, la transition agroécologique, repose non plus sur des progrès mécaniques et chimiques comme ce fut le cas pour les précédentes, mais sur des connaissances agroécologiques. Elle vise à considérer les composantes biologiques et pédoclimatiques des agro-écosystèmes afin de promouvoir des systèmes de production durables, résilients et respectueux des hommes et de l’environnement, s’opposant ainsi à l’agriculture conventionnelle intensive. 

La place d’ASE

Futurs ingénieurs agronomes, dont ce sera le domaine d’expertise, les étudiants d’AgroParisTech, l’Institut des sciences et industries du vivant et de l’environnement, ont à cœur de participer à cette transition, et d’œuvrer pour un développement durable de la filière agricole. AgroParisTech Service Etudes leur offre la possibilité d’accompagner différents acteurs dans cette démarche difficile en leur proposant de réaliser des études innovantes sur cette thématique. Nous vous présentons l’une d’elles ce mois-ci.

Un exemple d’étude confiée à ASE

Réalisée sur une durée d’un an, cette étude a été commandée par une exploitation de 84 ha produisant essentiellement des céréales, légumineuses et oléagineux en Flandres maritimes, et s’est déroulée en 3 étapes. Son but est de convertir 25ha en agroécologie ayant un intérêt pédagogique et paysager.

Après la proposition d’un devis par notre pôle Études et la rédaction d’une convention d’étude, 3 étudiants motivés ont été recrutés sur la base de leur compétences en productions durables, filières et territoires pour le développement durable, et gestion et ingénierie de l’environnement.

  • Phase 1

La première phase de l’étude consiste à réaliser un plan paysager numérique servant de projection pour le projet de transition, prenant en compte les 25 ha et leur évolution courant 2030, le contexte local paysager et pédoclimatique de chaque parcelle. L’étudiant a dû pour ce faire, s’appuyer sur la vision des exploitants ainsi que sur des recherches bibliographiques approfondies.

  • Phase 2

Lors de la seconde phase, le second étudiant réalisateur a élaboré un projet d’aménagement de jardin graphique inspiré des jardins à la Flamande, à vocation ludique, intergénérationnelle et inclusive. Il a également rédigé des pancartes informatives destinées au public, sélectionné des variétés en lien avec les recommandations des exploitants, et prodigué des conseils concernant les cultures prévues sur les 25 ha engagés en transition agroécologique.

  • Phase 3

Enfin, la dernière phase, réalisée par le troisième étudiant, a permis l’élaboration d’un plan d’implantation agroforestier sur les 25ha en transition, en lien avec le contexte pédoclimatique de l’exploitation, la prise en compte du cahier des charges de la région, et la démarche paysagère.


Les trois étudiants ont été amenés à collaborer notamment pour la production du visuel numérique du plan paysager, l’étudiant travaillant sur la phase 1 étant obligé de prendre en compte les travaux de ses collègues pour réaliser la projection. Outre le travail d’équipe, cette étude leur a véritablement permis de monter en compétence et d’appliquer un large panel de connaissances sur un cas concret, notamment leurs savoirs en modélisation informatique, statistiques, mais également agronomie et en  aménagement du territoire.

En plus des  bénéfices qu’elle apporte aux étudiants réalisateurs, cette étude témoigne du caractère durable de la transition agroécologique. En effet, elle s’inscrit dans une démarche de production viable pour l’environnement comme pour les exploitants, qui réconcilie l’environnement et le sociale. Inclusif, le jardin pédagogique sera aménagé pour accueillir des personnes en situation de handicap, et permettra à toutes les générations de s’instruire. 


Dans cet esprit d’innovation et de durabilité, AgroParisTech Service Etudes reste à votre disposition pour vous accompagner dans votre démarche, en espérant pouvoir œuvrer à vos côtés pour une agriculture respectueuse de l’homme et de son environnement

15/11/20

Le double intérêt des insectes : traiter les biodéchets et produire des protéines

  • Temps de lecture estimé : 6 minutes
  • Auteurs : Emma Bernadet & Mathilde Vuillemin

               D’après la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture),  chaque année, plus d’un tiers de la production alimentaire mondiale est gaspillé ou jeté et seulement 20% des déchets générés sont valorisés de manière biologique. En France, près de 20 millions de tonnes de biodéchets sont générés par an. La gestion de ces biodéchets est particulièrement polluante tout comme la production de protéines animales qui génère une quantité de gaz à effet de serre importante notamment par l’intermédiaire de l’élevage, à l’origine de 14,5% des émissions de gaz à effet de serre. [1]
               De plus, la population mondiale devant passer de 7 milliards à 9 milliards d’êtres humains d’ici 2050 tandis que la superficie des terres agricoles a tendance à reculer, une crise alimentaire de masse se profile dans un futur proche. Ainsi, d’après Patrick Lhomme, docteur en écologie de l’université de Mons en Belgique, il y a un besoin urgent de trouver de nouvelles sources de protéines. [2]
               Ces diverses problématiques peuvent trouver une solution par la valorisation des insectes. En effet, certains d’entre eux sont des consommateurs importants de biodéchets. Les insectes peuvent également être source de protéines à la fois pour l’alimentation animale mais aussi humaine, limitant ainsi drastiquement la pollution due à la production de protéines.                               

L’impact environnemental de nos modes alimentaires

               D’après le CITEPA (Centre inter-professionnel technique d’études de la pollution atmosphérique), 16% des émissions de méthane en France proviennent des processus de gestion des déchets alimentaires par enfouissement et incinération. [3] Le méthane étant un gaz à effet de serre dont le pouvoir réchauffant est 25 fois plus important que le CO2, la gestion des biodéchets s’avère donc critique dans le cadre du développement durable. Or, certains insectes sont capables de se nourrir de déchets végétaux et alimentaires. Par exemple, la mouche Soldat noire est très efficace : 1 kg de ses œufs génère 10 tonnes de larves vivantes et permet l’élimination de 40 à 50 tonnes de déchets alimentaires (végétaux, restes de viandes, de poisson, fromages…) en 10 jours. Cela n’est en rien comparable à la durée de décomposition des déchets par compostage qui peut durer de 6 à 18 mois. Des scientifiques ont même constaté que le ver de farine pouvait se nourrir de plastique, le digérer et le transformer en déchets biodégradables. En effet, selon les résultats publiés par une étude dans le Environmental Science and Technology, chaque ver consommait entre 34 et 39 milligrammes de polystyrène par jour soit l’équivalent d’un comprimé de médicament. Cette découverte pourrait être une grande avancée dans le cadre de la gestion des déchets. Les auteurs de l’étude espèrent maintenant qu’en comprenant les mécanismes internes à l’intestin des vers de farine, les scientifiques et les ingénieurs pourront développer de nouvelles manières de dégrader les déchets plastiques, fléaux pour l’environnement. [4]

               De plus, l’Europe importe plus de 70% de ses protéines notamment par l’intermédiaire de tourteaux de soja dont le transport est très polluant. [5] La production de protéines à partir d’insectes permettrait donc de limiter le coût et la pollution engendrés par l’importation des protéines et de réduire la déforestation due à la culture du soja. [6]

               Comparativement à l’élevage de bovins, l’entomoculture (culture d’insectes) réduirait considérablement la production de gaz à effet de serre. [7] En effet, produire un kilo de vers de farine entraîne l’émission de 10 à 100 fois moins de pollution que produire un kilo de viande de porc. [8] De plus, l’élevage d’insectes requiert proportionnellement beaucoup moins de nourriture que l’élevage de bovins ou de volailles : il faut 8 kg de végétaux pour obtenir 1 kg de boeuf contre seulement 2 kg nécessaires pour obtenir 1 kg d’insectes. De plus, pour une centaine d’espèces d’insectes nous pouvons comptabiliser une reproductibilité de 15 générations par an, permettant ainsi un gain non négligeable de temps. La consommation en eau est également plus faible pour les élevages d’insectes qui utilisent 60 fois moins d’eau que les bovins pour produire une quantité équivalente. Enfin, l’élevage d’insectes utilise moins d’espace : la production d’1 kg de protéine nécessite 200 m² pour un élevage bovin contre 15 m² pour un élevage d’insectes. L’entomoculture représenterait donc un moindre impact environnemental ainsi qu’une réponse efficace et raisonnée face aux problèmes soulevés dans les élevages animaux pour la production de protéines.

Quelles valorisations pour les insectes ?

               Le développement important des élevages d’insectes a pour ambition de répondre aux futurs défis alimentaires via la production de protéines et de produits dérivés.  En effet, les insectes pourraient bien être une solution alternative viable pour consommer des protéines sans détruire notre planète. Selon la FAO, la plupart des insectes contiennent en moyenne entre 30 et 65% de protéines, alors que la viande de boeuf par exemple, contient 19 à 26% de protéines. [9] On peut également noter que 80% des espèces d’insectes sont effectivement comestibles et commercialisables contre 55% seulement des volailles et 40% des bovins. De plus, les protéines contenues dans les insectes sont des protéines complètes contrairement à la majorité des protéines végétales. Cela signifie que les protéines des insectes contiennent tous les acides aminés essentiels pour l’homme en proportion adéquate pour répondre aux besoins diététiques du corps humain. Les insectes ont donc une qualité protéique incomparable dont la transformation en poudre n’entraîne également pas de déchet : les déjections constituent des amendements assimilables et aux caractéristiques riches pour la nutrition végétale.

               Moins coûteuse et plus écologique, la production d’insectes ouvre d’autre part une voie sans précédent pour la valorisation des biodéchets et coproduits issus de l’agriculture et des industries agroalimentaires, s’inscrivant dans une logique d’économie circulaire. [10] L’économie circulaire consiste à produire des biens et des services de manière durable en limitant la consommation et le gaspillage des ressources et la production des déchets. Les synergies entre producteurs, industries agroalimentaires et les éleveurs d’insectes sont donc importantes.

               Les produits issus de l’entomoculture peuvent également constituer une alimentation riche pour les animaux. [11] Les larves d’insectes renferment de nombreuses substances d’intérêt pour la nutrition animale (protéines, lipides, fibres, glucides, sels minéraux et vitamines) mais également pour d’autres usages dans les secteurs pharmaceutiques, cosmétiques, biomédicaux… 

Les projets futurs de cette filière

               L’élevage d’insectes dans la prochaine décennie semble constituer un tournant majeur en ce qui concerne l’alimentation animale et la valorisation des déchets organiques. Plus de deux milliards d’êtres humains utilisent déjà les insectes dans leur alimentation : en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Mais aujourd’hui, il existe un double blocage à la consommation d’insectes en Occident : culturel et gustatif. Depuis une dizaine d’années, les chercheurs européens essayent de produire des farines d’insectes que l’on pourrait intégrer à de la tapenade, des sauces ou des barres énergétiques par exemple mais ces chercheurs se heurtent à des difficultés au moment de proposer leurs formulations aux industries agroalimentaires car les consommateurs ne sont pas prêts à consommer des insectes.

               De plus, la FAO encourage l’élevage d’insectes comestibles à grande échelle afin de promouvoir la sécurité alimentaire et de combattre la faim dans les pays en voie de développement. Cet organisme précise de surcroît l’intérêt nutritionnel, écologique et économique d’un tel régime. Mais malgré l’enthousiasme des industriels et de la FAO, la réglementation actuelle ne permet pas la commercialisation d’insectes sur le territoire français. En effet, la diffusion à grande échelle d’insectes dans notre alimentation nécessite une autorisation de mise sur le marché, qui devrait arriver dans un futur proche, estime le Dr. Lhomme. Le ministère de l’Agriculture «suit et étudie ces questions de très près». Les industriels et producteurs d’insectes attendent donc une évolution de la réglementation permettant la commercialisation de leurs produits en France, ce qui est déjà le cas depuis 2017 pour trois espèces d’insectes en Suisse. [12]   

               Il est également nécessaire de remarquer que les coûts de production et de recherche sont immenses et le prix de vente au grand public d’un certain nombre de ces produits reste élevé. L’arrivée des insectes comestibles n’est pas toujours bien vue et viendrait concurrencer d’autres marchés de protéines dont celui de la viande. Bien que les insectes commencent à être mis en rayon dans certains magasins, cela reste pour l’instant minime face aux sources protéiques traditionnelles. 

               Chez AgroParisTech Service Etudes nous souhaitons développer les domaines de gestion de l’environnement, de la production agricole et de la transformation de bioproduits, secteurs enseignés à AgroParisTech. Ainsi, nos étudiants sont un atout non négligeable car ils sont en mesure de vous aider à réaliser vos projets, grâce à leurs connaissances sur ces sujets. N’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions, et nous serons ravis d’échanger avec vous sur votre projet ! 

31/10/20

Perturbateurs endocriniens : effets sur la santé et conséquences sur l’environnement

  • Temps de lecture estimé : 5 minutes
  • Auteurs : Elisa Polegato & Eléa Fournier

                Présents dans notre environnement au travers d’un large panel de produits alimentaires, manufacturés, cosmétiques ou pharmaceutiques, les perturbateurs endocriniens constituent une large famille de composés. Ces composés interagissent avec notre système hormonal, perturbant ainsi le fonctionnement de notre organisme. [1] Leurs effets, et leurs mécanismes sont encore peu connus et la communauté scientifique alerte sur leur dangerosité. A l’heure actuelle, plus de 800 substances ayant des propriétés de perturbateurs endocriniens, avérées ou suspectées, ont été identifiées. On relève entre autres les micro-plastiques, et les nanoparticules.[2]

L’étude de ces composés reste un enjeu majeur pour les autorités sanitaires qui cherchent à protéger les populations et les industries agroalimentaires et cosmétiques. Ces secteurs doivent faire face à la méfiance croissante des consommateurs, et à de nouvelles exigences de transparence. Les décideurs publics sont également concernés, du fait du lien avec la gestion de l’environnement, des déchets et le traitement des eaux usées. 

Une distribution variée et conséquente des perturbateurs endocriniens 

               La première source de contact pour l’Homme avec les perturbateurs endocriniens est l’alimentation. En juillet 2018, l’ONG Générations futures a annoncé que 6 résidus de pesticides sur 10 étaient constitués, en partie ou en totalité, de perturbateurs endocriniens. [3] L’agriculture intensive et l’utilisation d’intrants chimiques sont de plus en plus mis en cause, menaçant la santé des producteurs comme des consommateurs. 

La réglementation et les politiques publiques telles que la directive cadre sur l’eau (cadre réglementaire communautaire européen) et les plans ecophyto I et II en France, tendent à réduire l’utilisation de ces molécules. Cependant, celles-ci font l’objet d’un réexamen à l’échelle de l’Union Européenne, tous les 10 ans. Les alternatives aux pesticides sont peu nombreuses, difficilement applicables et moins efficaces. [13] De plus, on peut retrouver certaines substances néfastes dans des produits venant de l’étranger, tels que le thé. En effet, la réglementation étant différente selon les pays, l’exposition à certaines substances peut être plus importante.

               De plus, de nombreux objets de notre quotidien fabriqués en plastique contiennent des perturbateurs endocriniens. Notamment le  Bisphénol A, composé bien connu pour avoir des effets néfastes avérés sur la reproduction, le développement fœtal ou encore les pathologies cardiovasculaires. On retrouve entre autres ce composé dans les boîtes de conserve, l’aluminium, ou encore sur le revêtement de certaines casseroles. Ce perturbateur endocrinien est capable de se lier aux récepteurs α et β des œstrogènes, par œstrogèno-mimétisme. L’exposition est d’autant plus importante que la température est élevée. Le Bisphénol A a en effet la capacité de s’extraire des plastiques, pour entrer en contact direct avec l’aliment. Il est par conséquent interdit en France dans les contenants alimentaires. [4] 

               Enfin, la dernière source de perturbateurs endocriniens que nous allons décrire ici concerne les produits cosmétiques. [5] En effet, en 2013, une étude publiée par la Commission européenne a démontré qu’environ 40 % des produits de beauté et d’hygiène contenaient au moins un perturbateur endocrinien. Cette exposition est très importante. Il est donc primordial de connaître les effets et conséquences des composés contenus dans nos produits. [3] À titre informatif, les vernis à ongles sont les produits contenant le plus de perturbateurs endocriniens. Les fonds de teint et rouges à lèvres arrivent à la suite du classement. Suite à ces études, l’Union Européenne a interdit l’utilisation de nombreux phtalates dans les cosmétiques. Ces perturbateurs endocriniens ont des effets cancérigènes ou mutagènes sur l’Homme. 

Caractérisation des effets de ces perturbateurs endocriniens sur la santé

Comme nous l’avons vu précédemment, l’Homme est en contact avec de nombreux perturbateurs endocriniens, présents dans tout son environnement. De par la dangerosité de ces composés, il est essentiel de connaître au mieux les effets que ceux-ci peuvent avoir sur notre organisme. Bien que les effets de certaines substances soient établis à forte dose d’exposition, il est également nécessaire de cerner les effets à faible dose. 

En effet, pour certaines molécules toxiques, on considère qu’en-dessous d’une certaine dose, le système de défense de l’organisme est capable de lutter contre les agents extérieurs. On parle alors d’effet de seuil. Cependant, pour d’autres composés, le moindre contact présente des effets néfastes sur notre système : c’est le cas des molécules cancérigènes. On considère que les perturbateurs endocriniens fonctionnent de la sorte, c’est pourquoi il est important de les identifier. De plus, la sensibilité aux perturbateurs endocriniens varie selon les périodes de la vie. La période du développement fœtal et embryonnaire et l’enfance constituent des moments de vie où la sensibilité est accrue. [6]

Plus spécifiquement, les perturbateurs endocriniens altèrent le fonctionnement du système endocrinien (regroupant les organes sécrétant les hormones), en agissant sur la synthèse, la dégradation, le transport ou le mode d’action de ces hormones. L’effet toxique n’est donc pas direct, mais se caractérise par les conséquences liées aux modifications engendrées. À long terme, ces perturbations endocriniennes peuvent engendrer une altération des fonctions de reproduction, des malformations fœtales, l’apparition de tumeurs au niveau des tissus producteurs d’hormones ou encore une modification du sex-ratio. [1]

Les conséquences à plus long terme sur l’environnement

À plus grande échelle, ces molécules ont également un rôle néfaste. En effet, la plupart des perturbateurs endocriniens persistent dans l’environnement sous formes de traces, durant des années. Ils acquièrent également la capacité d’être transférés d’un compartiment à un autre, ce qui augmente encore leur concentration dans l’environnement.

Une étude publiée en avril dernier dans le Marine Pollution Bulletin, affirme que les micro-plastiques ont aussi bien des effets sur les poissons directement liés à l’ingestion, que des effets sur l’éclosion des larves ou sur leur comportement. [7] Par exemple, l’acide perfluorooctanesulfonique (PFOS), utilisé comme imperméabilisant, a tendance à réduire le nombre de larves produites par les poissons. Ces molécules ont donc des effets sur la population au sein d’un environnement donné. De plus, le ruissellement et l’infiltration dans le sol de ces produits, dus aux pratiques agricoles, contamine les cours d’eau et les nappes phréatiques, en ayant un impact environnemental important (diminution de la fertilité des amphibiens sous l’effet de l’atrazine, interdit en 2005 pour le désherbage du maïs en France par exemple).

Ces perturbateurs endocriniens constituent ici aussi une surveillance accrue. De par les stations d’épurations, les déchets des produits cosmétiques se retrouvent en grande partie dans le milieu halieutique. Certains de ces composés ont ainsi un effet sur le sex-ratio, et une réelle féminisation des poissons a été observée. [8] Les hormones issues notamment de la pilule contraceptive utilisée à grande échelle par les femmes se retrouvent dans les eaux usées. L’incapacité des stations d’épurations à éliminer les résidus d’éthinyl-œstradiol, œstrogène synthétique le plus utilisé, a pour conséquence la féminisation de poissons, et une modification du sex-ratio. À l’échelle humaine, le cercle peut être infini. En effet, ces composés se retrouvent par la suite dans l’eau courante, et reviennent ainsi à l’Homme.

Les tentatives d’alternatives et recherches en cours

La recherche est donc essentielle pour la santé mais aussi pour l’environnement. Il est nécessaire d’identifier les molécules catégorisées comme perturbateurs endocriniens, mais également de déterminer leurs effets et la dose d’exposition maximale tolérée de manière précise. 

Pour cela, différents types d’études peuvent être réalisées. Des études toxicologiques, aux études in vivo, en passant par les études bibliographiques, les recherches amènent de plus en plus à catégoriser ces perturbateurs endocriniens. Récemment, l’Union Européenne a financé le programme OBERON. Ce programme a pour objectif de mettre en place toute une batterie de tests. Cela permet alors d’étudier les effets de certaines substances sur notre système métabolique, et ainsi engendrer la création de nouveaux tests. [9] Ce type d’avancée permettrait alors une meilleure identification des perturbateurs endocriniens.

De nombreux programmes de recherches sont également en cours. Par exemple, l’Anses pilote le Programme National de Recherche Environnement-Santé-Travail (PNR EST). L’objectif de ce programme étant de renforcer les connaissances au sujet de ces molécules. Ce sont chaque année 2 millions d’euros supplémentaires qui sont alloués à ce projet prometteur. [6]

Actuellement, des recherches sont également effectuées afin de trouver des molécules de substitutions, pour limiter les effets néfastes. C’est notamment le cas des Bisphénol F et Bisphénol S. En effet, dans certaines applications, ils sont utilisés comme substituts du Bisphénol A. Cependant, il a récemment été montré que ces composés ont le même effet négatif sur le testicule fœtal humain que le Bisphénol A. [10] Les recherches à ce stade sont donc en constante évolution, et trop peu satisfaisantes pour le moment. 

Pour conclure, les perturbateurs endocriniens, molécules ubiquitaires faisant partie intégrante de notre environnement, sont extrêmement dangereux pour notre santé. Ils présentent en effet de nombreux effets néfastes, à différentes échelles. Les recherches à ce propos sont donc essentielles. Elles deviennent alors un enjeu primordial des systèmes de santé, et acteurs des sciences du vivant.

Chez AgroParisTech Service Études, nous pouvons vous aider à réaliser un premier pas dans cette recherche. Nous pouvons notamment vous aider à réaliser des études bibliographiques. Un grand groupe produisant des cosmétiques a récemment fait appel à nos services. L’objectif était d’analyser un ensemble de publications collectées afin de produire un rapport. Ce rapport recense le caractère éco-toxicologique de différents micro-plastiques. Cette étude a pour objectif d’utiliser des substituts plus respectueux de l’environnement, et moins nocifs.

Nous sommes à votre disposition pour tout échange, et toute notre équipe est en mesure de vous aider à faire grandir vos projets ! N’hésitez-pas à nous contacter, nous serons ravis de discuter avec vous !

21/05/20

Les cosmétiques et leurs effets sur la santé

  • Temps de lecture estimé : 3 minutes
  • Auteur : Elisa Polegato



L’étude des cosmétiques et leurs risques pour la santé de l’Homme sont des enjeux complexes pour notre société. Le secteur des cosmétiques fait intervenir une large gamme de produits intermédiaires, tels que des ingrédients, des auxiliaires technologiques (ferments, enzymes), des molécules pour la chimie, des produits pharmaceutiques, ou tout simplement de l’eau.

Des formations spécialisées dans l’étude des risques des cosmétiques et la santé

AgroParisTech est la seule école d’ingénieur agronome en France qui dispose d’une spécialisation dans le domaine de la santé. Dès la deuxième année, les étudiants peuvent donc choisir le domaine “Ingénierie et santé : homme, bioproduits, environnement”.  Les étudiants sont alors formés à l’étude des effets des produits cosmétiques sur la santé de l’Homme. Un parcours forme également des ingénieurs souhaitant accomplir une carrière en relation avec les industries et entreprises de transformations alimentaires et non-alimentaires. Les futurs ingénieurs ainsi formés se destinent à des activités professionnelles managériales, d’ingénierie, de production ou encore de recherche et développement pour des entreprises et des organismes privés ou publics.

Enfin, en troisième année du cursus d’ingénieur, les étudiants peuvent choisir la dominante “Metatox”, qui permet d’appréhender la toxicité d’une substance chimique à différentes échelles biologiques (cellule, organe, individu, population, écosystème). Cela permet également d’évaluer les risques associés à une substance chimique sur les écosystèmes et la santé de l’Homme par une approche systémique. On retrouve également une dominante “Management de la qualité, sécurité sanitaire et prévention des risques”, qui est conçue pour permettre aux étudiants d’acquérir une double expertise, technique et managériale, dans les domaines de la sécurité sanitaire et de l’hygiène,  des systèmes de management de la qualité, et de la prévention et de la gestion des risques. Ces deux dominantes sont plus axées sur les effets que les cosmétiques peuvent avoir sur la santé. 

Des formations spécialisées dans la création de produits

Pour la création de produits et les analyses faites en amont, AgroParisTech propose la dominante “Conception et Développement Produits”, dont l’objectif est de former, grâce à une approche multidisciplinaire, des ingénieurs avec des compétences scientifiques, techniques et organisationnelles indispensables à la conception et au développement de produits. La dominante est organisée de manière à placer les étudiants en situation de responsabilité professionnelle, en particulier dans le cadre d’un projet d’ingénieur portant sur une problématique R&D. Ces formations suivies par nos étudiants réalisateurs sont particulièrement valorisables dans la réalisation des études.

Nos prestations dans les domaines des cosmétiques et de la santé

Nous avons réalisé différents types d’études dans ce domaine, pour des sociétés qui nous ont fait confiance. Une étude a par exemple été menée sur des tatouages éphémères. En effet, une jeune start-up veut mettre au point des tatouages éphémères comestibles avec des goûts. L’encre utilisée actuellement pour les tatouages éphémères étant toxique. L’étudiant en charge a effectué des recherches afin de se renseigner sur la réglementation ainsi que sur le marché des tatouages éphémères. Il a ensuite proposé des alternatives de composition des tatouages avec des substituts comestibles. Un étudiant réalisateur a également effectué un état de l’art des publications et brevets concernant les tensioactifs biosourcés puis biosourcés cationiques ainsi que leurs applications dans l’industrie cosmétique. AgroParisTech Service Etudes a donc su faire appel aux étudiants spécialisés dans ce domaine, afin de réaliser différents types d’études.

Pour AgroParisTech Service Etudes, les domaines des cosmétiques et de la santé sont des secteurs que nous souhaitons développer. Nos étudiants sont un atout non négligeable car ils sont en mesure de vous aider à réaliser vos projets, grâce à leurs connaissances sur le sujet. N’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions, et nous serons ravis d’échanger avec vous sur votre projet ! 

03/05/20

L’analyse sociale du cycle de vie : les entreprises au service d’une société durable.

  • Durée de lecture estimée : 2 minutes
  • Auteurs : Eléa Fournier & Delphine Yeh




L’impact des entreprises dans le façonnement de la société n’est plus à démontrer. Créatrices d’emplois, elles modifient l’environnement, et répondent aux besoins des consommateurs. Dans un contexte de mondialisation, face aux préoccupations grandissantes concernant le développement durable, la prise en compte des enjeux sociaux et environnementaux en leur sein est aujourd’hui plus que nécessaire. De nouveaux outils sont ainsi développés afin de guider les entreprises dans leurs décisions. L’analyse sociale du cycle de vie (ASCV) est l’un d’entre eux.

Qu’est-ce que l’ASCV ?

L’ASCV est une technique d’aide à la décision, utilisée dans le cadre d’une politique de responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Basée sur de multiples critères, elle permet d’évaluer les impacts socio-économiques réels ou potentiels des activités d’une entreprise et répond aux enjeux d’un développement durable. Elle vise à améliorer les conditions sociales et les performances socio-économiques des produits ou des services d’une entreprise, pour toutes les parties prenantes, et sur l’ensemble du cycle de vie. L’ASCV est souvent associée à deux autres analyses : une analyse environnementale du cycle de vie (ACV), ainsi qu’une analyse du cycle des coûts (ACC). Cette combinaison permet d’aboutir à une vision d’ensemble complète des impacts sociaux, économiques et environnementaux d’un produit ou d’un service.

Quels sont les éléments de méthodologie pour réaliser une ACVS ?

L’ASCV se divise en différentes phases : la définition des objectifs et du champ de l’étude, l’analyse de l’inventaire du cycle de vie, l’évaluation des impacts du cycle de vie, et l’interprétation du cycle de vie. L’ASCV prend en compte les multiples parties prenantes et s’intéresse à de nombreuses mesures quantitatives et qualitatives concernant ces différents acteurs, telles que les conditions de travail des employés, la contribution au développement économique de la communauté locale, ou encore la transparence auprès des consommateurs. À l’issue de l’analyse, la meilleure connaissance de la chaîne causale permet à l’entreprise d’améliorer sa stratégie pour réduire ou maximiser ses impacts.

Pourquoi les entreprises devraient l’utiliser dans le cadre de la RSE ?

L’ASCV rencontre cependant de nombreuses limites, notamment du fait de sa nouveauté : un manque de compétences, un accès difficile aux données, une ignorance des chaînes causales, une mauvaise analyse de certaines phases d’utilisation du produit ou du service étudié, ou encore un manque de transparence dans la communication des résultats. Si elle représente encore un véritable défi, l’ASCV se positionne toutefois comme un outil précieux pour aiguiller les entreprises dans leurs décisions, notamment en vue d’inscrire celles-ci dans le respect des objectifs du développement durable (ODD) définis par les Nations Unies.

L’ASCV est, entre autres, prônée par la Life Cycle Initiative, un projet soutenu par le Programme des Nations Unies pour l’environnement, et qui vise à encourager l’amélioration des méthodologies de l’ASCV et l’adoption de cet outil par un nombre croissant d’entreprises. La vision globale des impacts socio-économiques du cycle de vie d’un produit, obtenue grâce à une ASCV, permet de formaliser et mettre en place de véritables solutions dans une démarche de responsabilité sociétale des entreprises

25/04/20

La foresterie, un domaine prometteur

  • Durée de lecture estimée : 2 minutes
  • Auteurs : Timoté Pesenti & Elisa Polegato



Actuellement, la forêt est au cœur d’enjeux multiples : la biodiversité, le climat, le développement durable, ou encore la bioéconomie et la transition agroécologique avec le développement de l’agroforesterie. La forêt française est très diversifiée : on retrouve des forêts continentales et montagnardes à l’Est, la forêt méditerranéenne, mais aussi la forêt amazonienne de Guyane. On retrouve également un peu de forêt boréale à Saint-Pierre-et-Miquelon.

Des formations centrées sur la forêt à AgroParisTech

AgroParisTech est la seule école d’ingénieur agronome de France à offrir une formation dans le domaine de la foresterie, ancrée sur le terrain et sur des projets opérationnels. Dès la troisième année d’études, les étudiants peuvent choisir la dominante Gestion Forestière (GF), qui se déroule essentiellement sur le terrain, mais aussi la dominante Gestion Environnementale des Écosystèmes et Forêts Tropicales (GEEFT), qui propose un mois d’études à Kourou, en Guyane. Nos étudiants disposent d’une formation de haut niveau, tournée vers l’international. Ils sont donc spécialisés dans ce domaine, encore peu développé à l’échelle de la France.

Les spécialisations sont variées, ce qui est à l’origine de la diversité des études que nous pouvons réaliser. On retrouve notamment une spécialisation master ingénieur en gestion forestière, en ressources forestières et filière bois, en gestion des milieux naturels ou en foresterie urbaine, mais aussi une formation sur les forêts tropicales. Ces formations spécialisées sont situées à Nancy, car en effet, AgroParisTech est héritier de l’ENGREF (École nationale du génie rural, des eaux et des forêts), et la FIF (formation des ingénieurs forestiers, est désormais intégrée dans le cursus ingénieur AgroParisTech).

Nos prestations dans le domaine de la foresterie

Nous avons réalisé différents types d’études dans ce domaine, pour des sociétés qui nous ont fait confiance. Nous avons par exemple réalisé une étude spécifique sur la précision d’un inventaire d’arbre estimés à vue pour une société spécialiste de la forêt. L’objectif de cette étude était de confronter deux méthodes de prise de mesure : la méthode classique d’un inventaire au plein compas forestier et la méthode d’un inventaire à vue. En effet, la méthode classique étant coûteuse et chronophage, la société voulait savoir si l’inventaire à vue pourrait s’avérer assez efficace pour remplacer l’inventaire classique. Pour cette étude, l’étudiant en charge s’est donc rendu à plusieurs reprise en forêt afin de réaliser des inventaires puis a effectué les comparaisons. AgroParisTech Service Etudes a donc su faire appel aux étudiants spécialisés dans ce domaine, afin de réaliser différents types d’études.

Pour AgroParisTech Service Etudes, la forêt est un secteur prometteur dans lequel nos étudiants sont un atout non négligeable, puisqu’ils sont en mesure de vous aider à réaliser vos projets. En effet, nous réalisons des études dans ce domaine et nous aimerions travailler davantage avec les acteurs du secteur forestier. N’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions, et nous serons ravis de partager avec vous sur votre projet ! 

07/04/20

Les 6 Entreprises Innovantes de l’Agri 4.0 Au SIA 2020, d’après AgroParisTech Service Etudes

Stagiaires au Salon International de l’Agriculture, les membres d’AgroParisTech Service Etudes sont allés à la rencontre de ces start-ups 4.0 qui œuvrent pour l’agriculture de demain. Modernes et innovantes, ces entreprises en pleine expansion créent et développent des solutions high-tech, des applications et des technologies au service de nos agriculteurs. ASE a choisi, ce mois-ci, de vous en présenter 6, qui nous ont séduites par leur innovation ainsi que par leur démarche RSE. 

Ombrea

Ombrea a 4 ans. Fondée en 2016, cette start-up du secteur agronomique développe des ombrières : placées au dessus des cultures maraîchères, ces structures high-tech permettent de recueillir et d’analyser les données climatiques de chaque parcelle grâce à une Intelligence Artificielle et d’offrir une protection adaptée aux aléas climatiques. Grâce à un suivi agronomique très précis, elle permet de sécuriser les récoltes et d’assurer un rendement au producteur, face aux risques croissants liés au changement climatique, et répond aux enjeux environnementaux tels que la gestion de l’eau et des intrants phytosanitaires. 

Ce qu’on aime : une démarche écologique et un engagement RSE fort au sein de la structure (politique stricte de parité, agriculture durable,…)

Connecting Food

Connecting Food est la première plateforme de transparence alimentaire européenne. Leur objectif ? Redonner confiance aux consommateurs dans ce qu’ils achètent. Comment ? Via  un QR code présent sur les emballages des produits tracés. Ils peuvent le scanner avec leur smartphone pour découvrir toute la filière et le parcours des lots, grâce à une plateforme digitale qui assure la traçabilité de chaque lot de produit tout au long de leur passage au sein des chaînes de production, et en auditant les acteurs  en temps réel. Les données sont sécurisées grâce à la technologie blockchain. Ils interagissent ainsi avec tous les acteurs du système: des coopératives jusqu’aux distributeurs, permettant notamment aux agriculteurs de valoriser leur production, et aux entreprises agroalimentaires de prouver leurs engagements.

Ce qu’on aime : une entreprise qui réconcilie producteurs et consommateurs et qui répond à l’exigence de transparence croissante de la société. 

Baoba

Une application qui permet d’exploiter et de valoriser les données d’une agriculture de précision, c’est ce que propose BAOBA, logiciel connecté et adapté à chaque exploitation (ovins, caprins, volailles, culture,…). Cette start-up offre aux agriculteurs des outils de gestion pour toute l’exploitation, d’analyse de données, et de connexion du matériel. Elle propose également des formations et un accompagnement sur-mesure aux professionnels soucieux d’optimiser leur stratégie, leur organisation, ou d’acquérir une maîtrise du digital, et du numérique en agriculture, par le biais notamment d’ateliers collaboratifs ou de coaching. 

Ce qu’on aime :  Une Appli pratique et utile pour les agriculteurs et une véritable envie de les accompagner dans la transition numérique!

A2PASD’ICI

Un marché fermier indépendant au cœur de la grande distribution, voilà le concept innovant de A2PASD’ICI qui souhaite promouvoir une nouvelle forme de distribution favorisant le lien social, et l’authenticité. Cela permet aux consommateurs de rencontrer des producteurs locaux  grâce à de la vente directe au sein même des magasins: ils  bénéficient d’un espace dédié à la vente directe de leurs produits, en reversant un pourcentage de leurs ventes à l’enseigne qui les accueille. Chaque acteur trouve son compte au sein de ce dispositif: s’il assure une meilleure rémunération du producteur grâce au circuit court, une qualité de produit et une expérience authentique au consommateur, il permet également aux distributeurs de regagner en attractivité. 

Ce qu’on aime : un marché éthique qui propose une nouvelle façon de consommer, soucieuse des enjeux des producteurs et des envies des consommateurs.

Weather Measures

Expert en météorologie de précision, Weather Measures met son expertise au service de l’agriculture de précision, afin d’aider les producteurs à améliorer leurs rendements et réduire l’irrigation. Elle aide également l’industrie (mise en place de protocoles d’alerte, recommandations,…) et à faciliter la prévision et la gestion des risques liés à l’environnement (crues, inondations,…). Pour cela, elle accompagne ses clients dans le choix et la mise en place des dispositifs adaptés. Elle analyse et traite les données afin d’apporter une réponse appropriée, grâce à une plateforme configurée pour fournir tous types de données. Cette IA est ainsi programmée pour répondre aux problématiques des différentes structures impactées par la météo-sensibilité. 

Ce qu’on aime : Leur polyvalence : Weather Measures assure, aide à la sécurité d’entreprises aussi bien dans les domaines de l’industrie qu’en agriculture !

Weenat

Dans la même catégorie, liée à l’expertise en météorologie, Weenat propose des stations agro-météo connectées et des outils agronomiques et adaptés à chaque parcelle, afin de faciliter leur protection et d’accompagner l’agriculteur dans ses prises de décision : des paramètres clés et des alertes paramétrables sont définis pour suivre en temps réel l’évolution des conditions favorisant les maladies, les ravageurs, ou le gel, optimiser les rendements et sécuriser les récoltes. Ils proposent des solutions spécialisées en grandes cultures, pommes de terre, viticulture, polyculture/élevage et arboriculture, et ont, en partenariat avec le groupe Seenergi développé Maï’zy, un outil de pilotage du maïs fourrage récompensé par l’Inel d’Or en 2019. 

Ce qu’on aime : un outil spécifique à chaque type d’agriculture et une application user-friendly: les solutions Weenat s’adaptent à tous les agriculteurs et toutes les agricultures.

Si la crise sanitaire que nous traversons actuellement a causé la fermeture du salon précocement, ASE a tout de même eu l’opportunité de découvrir les entreprises dynamiques et innovantes  de l’Agri 4.0. Ces start-ups prometteuses prouvent que partout des solutions émergent pour faire face aux enjeux agricoles et environnementaux et mettent la technologie au service des agriculteurs.