#agriculture #agronomie #technologie

Un escadron de 10000 drones pour une agriculture française de précision

  • Auteurs : Romain et Pauline
  • Temps de lecture estimé : 4 minutes

Il y a de cela quelques années, Jeff Bezos affirmait la chose suivante : « le drone est l’outil de demain ». Aujourd’hui, la France est le deuxième plus grand consommateur de drones civils sur la planète[1] . Elle ne se limite cependant pas à une utilisation récréative. Depuis 2012, l’agriculture française les utilise pour l’observation et le traitement de parcelles et ce sont dorénavant 10 000 drones qui survolent nos terres agricoles[2]. Là où jusqu’à présent, l’irrigation et l’apport d’intrants se faisaient sur tout un champ en application générale, l’utilisation de drones permet une approche individuelle et raisonnée.

Une cartographie des cultures par les airs

Les drones sont tout d’abord utilisés pour leur capacité à réaliser des photographies aériennes de grande qualité. Même si le survol des surfaces agricoles par drone est encore minoritaire (0.5% selon une étude de l’INRA en 2018[2]), la vue aérienne à grande résolution d’une culture et son exploitation par des logiciels spécialisés permet une étude précise de l’état de la culture : stress hydrique, présence d’adventice, stress azoté, etc. 

Figure 1 : Image thermique du stress hydrique d’un plan de vigne (University of Melbourne)

L’angle de vue pris, la période de la journée et le type de caméra embarquée sont autant de paramètres à prendre en compte lorsque l’agriculteur souhaite survoler son champ. Les présences d’adventices aux pieds des vignes, de plants morts ou précoces ou encore de zones humides peuvent être localisées à partir d’une simple vue aérienne tandis que le stress hydrique, les besoins en azote et la présence de nuisibles sont détectés par imagerie multispectrale

Une réponse spécialisée et individuelle par drone

L’application des drones dans le milieu agricole ne s’arrête pas là. Des tests de pulvérisation d’intrants et d’arrosage ont été réalisés en 2019 dans différentes régions de France. La conclusion ? Une précision du dosage et de la surface ciblée équivalente à une pulvérisation manuelle et une exposition moindre pour l’exploitant

Malgré une gamme de modèle encore assez faible (10% des fournisseurs spécialisés en proposent[3]), le drone agricole semble donc être porteur de promesses : 

  • maniabilité
  • précision des opérations
  • acquisition de données
  • protection de l’utilisateur, économie de produits et gain de main d’œuvre
  • meilleure gestion des parcelles 

Tous ces arguments font de lui le futur outil phare de l’agriculteur et de l’agronome.

Les difficultés rencontrées par les agriculteurs

Le principal frein à l’emploi de drone en agriculture est le prix d’achat du drone : 30 000 à 50 000 euros pour un drone. Ce à quoi il faut additionner le coût des logiciels d’exploitation des données. 

Le cadre légal français est plutôt propice à l’emploi d’une telle technologie en matière de photographie, les normes à respecter étant les mêmes que pour un drone de loisir. Pour l’épandage, cela est plus délicat, puisqu’il s’agit de traitement aérien. Une dérogation était en place jusqu’en octobre 2021 pour permettre un épandage par drone pour des cultures présentant une pente de plus de 30%[2]. L’Union Européenne s’est alors saisie du sujet. Une formation pour l’usage de drone agricole, un cadre légal et une estampille CE (sans laquelle un drone ne pourrait voler) devraient bientôt voir le jour[4].

Conclusion

Le drone agricole semble être un outil incontournable, quoique coûteux, pour les agriculteurs et agronomes de demain. Pour Emmanuel de Maistre , président de Redbird, interviewé par France Inter[3] : l’enjeu central de l’emploi de drone agricole « est d’économiser sur l’utilisation des produits, engrais ou pesticides, et d’augmenter la qualité et les performances des productions ». Une mise en application de l’agriculture numérique pour des pratiques plus raisonnées, voilà ce que peut être l’avenir du drone en France.

Pour mieux comprendre les impacts de l’utilisation de drones dans des exploitations agricoles, n’hésitez pas à contacter ASE, nous serons heureux de pouvoir répondre à vos interrogations et travailler avec vous.

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